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Les règles WCAG

Les WCAG sont la référence internationale de l’accessibilité numérique. Quatre principes, trois niveaux d’exigence, et un décalage à connaître : la version 2.2 n’est pas encore celle que le droit français exige. Voici ce qu’il faut viser, et pourquoi l’anticiper.

DÉFINITION

Qu’est-ce que les WCAG ?

Les WCAG – Web Content Accessibility Guidelines – sont les recommandations internationales qui définissent ce qui rend un contenu numérique utilisable par tous, y compris par les personnes en situation de handicap. Elles sont publiées par la Web Accessibility Initiative du W3C, l’organisme de standardisation du Web.

Leur portée dépasse largement le cadre technique : les WCAG sont la brique sur laquelle reposent la quasi-totalité des cadres réglementaires. Elles ne créent aucune obligation par elles-mêmes, mais elles deviennent contraignantes dès qu’un texte de loi les désigne – ce que font aujourd’hui la France, l’Union européenne et les États-Unis.

Trois versions se sont succédé : 2.0 en 2008, 2.1 en 2018, 2.2 le 5 octobre 2023. La version 2.2 compte 86 critères de succès au total. Les versions sont conçues pour se cumuler : viser la 2.2 couvre l’essentiel de la 2.1 et de la 2.0 – à une exception près, traitée plus bas.

PRINCIPES

Les quatre principes : POUR

Toutes les règles WCAG se rattachent à quatre principes, retenus sous l’acronyme POUR (en anglais, Perceptible – Operable – Understandable – Robust et ci-dessous traduits en français). Un contenu réellement accessible satisfait les quatre – en négliger un suffit à exclure une population entière.

Perceptible

L’information doit pouvoir être perçue quel que soit le sens mobilisé : alternatives textuelles aux images, sous-titres et transcriptions, contrastes suffisants, information jamais portée par la seule couleur.

Utilisable

Les fonctionnalités doivent être opérables, notamment au clavier seul, sans piège de navigation, avec un focus visible et un temps suffisant pour interagir.

Compréhensible

Le contenu et le comportement de l’interface doivent être clairs et prévisibles : langue identifiée, libellés explicites, aide à la saisie, messages d’erreur utiles.

Robuste

Le contenu doit rester interprétable de façon fiable par une large variété d’outils, au premier rang desquels les lecteurs d’écran.

Chaque principe se décline en règles – treize au total – elles-mêmes précisées par des critères de succès vérifiables. C’est sur ces critères, et sur eux seuls, que se mesure une conformité.

NIVEAUX

A, AA, AAA : quel niveau viser ?

Chaque critère de succès porte un niveau d’exigence. Comprendre cette hiérarchie, c’est se fixer un objectif atteignable au lieu d’un objectif rassurant.

Niveau 01

A

Exigences de base. Leur non-respect rend le contenu purement inaccessible à certains utilisateurs.

Statut réglementaire

Indispensable, jamais suffisant seul.

Niveau 02

AA

Niveau intermédiaire, qui couvre les obstacles les plus fréquents en conditions réelles.

Statut réglementaire

Niveau de référence en France, en Europe et aux États-Unis.

Niveau 03

AAA

Niveau le plus exigeant, parfois impossible à atteindre sur un service entier.

Statut réglementaire

Non exigé globalement. Pertinent sur des parcours critiques.

En pratique, la cible est le niveau AA, qui englobe les critères de niveau A. C’est ce niveau qu’exigent le RGAA en France, la norme européenne harmonisée, et la réglementation fédérale américaine.

Le niveau AAA reste un objectif d’excellence. Le viser partout est rarement réaliste et détourne souvent les moyens de l’essentiel : mieux vaut un AA solide sur l’ensemble d’un service qu’un AAA revendiqué sur une page vitrine. Sur certains parcours – santé, services publics essentiels, urgence – il mérite en revanche d’être recherché.

NOUVEAUTÉS

Ce qu’apporte la version 2.2

La version 2.2 ajoute neuf critères de succès et en supprime 1.

Les ajouts

Ils ne corrigent pas les précédents : ils comblent des angles morts apparus avec la généralisation du tactile, de la navigation clavier complexe et des parcours d’authentification.

Comparatif des nouveau critère, niveau et objectif
Nouveau critère Niveau Objectif
Focus non masqué (minimum) AA L’élément qui reçoit le focus clavier ne doit pas être entièrement caché par un autre élément.
Focus non masqué (amélioré) AAA Le focus ne doit être masqué par aucun élément, même partiellement.
Apparence du focus AAA L’indicateur de focus doit être suffisamment visible et contrasté.
Mouvements de glissement AA Toute action par glisser-déposer doit disposer d’une alternative simple.
Taille de cible (minimum) AA Les cibles tactiles doivent mesurer au moins 24 × 24 pixels.
Aide cohérente A Les mécanismes d’aide apparaissent au même endroit d’une page à l’autre.
Saisie redondante A Ne pas redemander une information déjà saisie au cours d’un même processus.
Authentification accessible (minimum) AA Aucun test cognitif obligatoire – mémorisation, énigme – pour se connecter.
Authentification accessible (améliorée) AAA Même exigence, sans les exceptions prévues au niveau AA.

Pour un objectif de conformité AA, six de ces neuf critères s’appliquent : les deux de niveau A et les quatre de niveau AA. Les trois critères AAA restent de bonnes pratiques recommandées.

Le critère 4.1.1 supprimé

La version 2.2 ne fait pas qu’ajouter : elle retire. Le critère 4.1.1, dit « Analyse syntaxique », de niveau A, est déclaré obsolète.

Ce critère visait historiquement les difficultés que rencontraient les technologies d’assistance à analyser directement le code HTML. Les navigateurs et les lecteurs d’écran modernes s’appuient désormais sur l’interprétation du navigateur plutôt que sur une lecture propre du balisage : le critère avait perdu son objet.

Concrètement, certains défauts de code autrefois bloquants ne constituent plus une non-conformité. Cela n’exonère de rien : un balisage valide reste la condition d’un comportement prévisible, et la plupart de ces défauts se retrouvent sanctionnés par d’autres critères.

OPPOSABILITÉ

La version la plus récente n’est pas la version opposable

Voici le point que la plupart des contenus sur les WCAG passent sous silence : viser la version 2.2 est une bonne pratique, mais ce n’est pas encore ce que la loi exige. Les grands cadres réglementaires référencent toujours la version 2.1.

Cadre 01

RGAA 4.1 – France

Version de référence : WCAG 2.1Niveau : AA

Cadre 02

EN 301 549 v3.2.1 – norme européenne harmonisée

Version de référence : WCAG 2.1Niveau : AA

Cadre 03

ADA, titre II – États-Unis, règle du ministère de la Justice (2024)

Version de référence : WCAG 2.1Niveau : AA

Cadre 04

Section 508 – agences fédérales américaines

Version de référence : WCAG 2.0Niveau : AA

La raison est mécanique : une version des WCAG ne devient contraignante qu’une fois reprise par un texte, et cette reprise prend des années. Une nouvelle version de l’EN 301 549 intégrant les WCAG 2.2 est en préparation ; côté français, c’est le RGAA 5 qui doit porter cette bascule.

Notre recommandation est donc double, et elle n’est pas contradictoire :

Votre conformité se démontre aujourd’hui sur la version référencée par votre cadre légal, mais vos chantiers de conception doivent viser la 2.2. C’est la seule manière d’éviter de reprendre demain un travail livré aujourd’hui – l’accessibilité by design plutôt que la mise à niveau perpétuelle.

PORTÉE

Au-delà du web : mobile, logiciels, documents

Les WCAG ont été écrites pour le contenu web. Leurs principes valent bien au-delà, mais leur application à d’autres supports demande une transposition – elle ne va pas de soi.

Le W3C publie pour cela des orientations dédiées, connues sous le nom de WCAG2ICT, qui expliquent comment lire chaque critère lorsqu’il s’applique à un logiciel ou à un document non web. Les référentiels et normes s’appuient dessus.

Applications mobiles

les critères tactiles de la 2.2 sont directement pertinents, mais un audit sérieux mobilise un référentiel dédié aux interfaces natives. Notre audit d’application mobile

Documents PDF et bureautiques

Structure, balisage, ordre de lecture : les exigences sont spécifiques et complétées par la norme PDF/UA. Notre offre PDF accessible

Logiciels, matériel, communications

Hors du champ des WCAG. C’est la norme EN 301 549 qui prend le relais.

ACCOMPAGNEMENT

Des WCAG à la conformité prouvée

Connaître les WCAG ne suffit pas : encore faut-il mesurer où vous en êtes, corriger dans le bon ordre et tenir le niveau dans le temps. Orchestrateur de l’accessibilité numérique, nous couvrons toute la chaîne de valeur de l’accessibilité numérique, de l’audit à l’autonomie de vos équipes.

Nous concevons l’accessibilité « by design », à la source. Et parce que rares sont les projets qui partent d’une page blanche, nous accompagnons aussi « on the way » - en chemin, quelle que soit votre maturité.

Audit d’accessibilité RGAA et WCAG

Taux de conformité, non-conformités priorisées par impact utilisateur, feuille de route.

Formations à l’accessibilité numérique

Parcours design, développement, contribution et pilotage, certifiés Qualiopi.

Le référentiel RGAA

Comment les WCAG deviennent une méthode de test opposable en France.

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faq

Questions fréquentes

Elle la prolonge : la 2.2 conserve les critères de la 2.1, en ajoute neuf et en retire un seul, le critère 4.1.1 devenu obsolète. Viser la 2.2 au niveau AA couvre donc la 2.1. Attention toutefois : les cadres réglementaires référencent encore la 2.1, et c’est sur cette version que se démontre aujourd’hui une conformité.

Le niveau AA. C’est la cible retenue par le RGAA en France, par la norme européenne harmonisée et par la réglementation fédérale américaine. Le niveau AAA n’est pas exigé sur un service entier ; il se justifie sur des parcours critiques. Le viser partout est rarement réaliste et détourne les moyens des non-conformités qui bloquent réellement les utilisateurs.

La version 2.2 compte 86 critères de succès, répartis entre les niveaux A, AA et AAA, rattachés à treize règles et quatre principes. Un objectif de conformité AA ne mobilise que les critères de niveaux A et AA.

Pas en elles-mêmes : ce sont des recommandations du W3C, sans force contraignante. Elles deviennent obligatoires lorsqu’un texte les désigne - ce que font le droit français via le RGAA, le droit européen via la norme EN 301 549, et le droit américain. Savoir si vous êtes concerné, et à quel titre, relève de ces textes.

Les WCAG fixent l’objectif, le RGAA fixe la méthode de vérification et la rend opposable en France. Le RGAA 4.1 reprend les WCAG 2.1 de niveau AA et y ajoute 106 critères assortis de procédures de test normalisées, ce qui rend deux audits comparables. Autrement dit : les WCAG définissent la qualité, le RGAA produit la preuve.

Par un audit mené selon une méthode de test rigoureuse - en France, le RGAA - puis par la publication d’une déclaration d’accessibilité indiquant le niveau de conformité et les contenus non accessibles. À l’international, les acheteurs demandent souvent un rapport de conformité de type VPAT ou Accessibility Conformance Report. Dans tous les cas, une évaluation crédible combine tests outillés et tests manuels : une part importante des critères suppose un jugement humain.

Indirectement, et il faut être précis. L’accessibilité n’est pas un critère de classement en tant que tel. Mais une bonne partie du travail se recouvre : hiérarchie de titres cohérente, alternatives d’images pertinentes, libellés de liens explicites, structure sémantique propre, performance. Ces éléments servent aussi les moteurs, y compris les moteurs génératifs, qui exploitent la même structure. Le gain de référencement est un effet secondaire réel, pas l’argument principal. Toutefois, cet effet secondaire a un impact très important sur le SEO, allant jusqu’à +25 points sur certains critères, selon l’étude de SemRush de 2025.