Ipedis, l’expert en accessibilité numérique
Accessibilité PDF
Rendez vos PDF e-accessibles aux personnes non-voyantes et profitez de PubliSpeak, notre application interactive rich-media, accessible et vocale.
Accessibilité Vidéo
Optez pour cette génération de players flash accessible. Découvrez nos solutions de sous-titrage, audio-description, LSF.
Expertise / Conseil
Bénéficiez de notre expertise en accessibilité, de l’accompagnement sur mesure aux audits d’accessibilité.
Formations
Apportez à vos équipes le savoir faire nécessaire pour gérer un site web accessible. Découvrez toutes nos formations.
L’accessibilité du Web aux personnes handicapées
Introduction sur l’accessibilité web
Nombre de gens ont souvent du mal à imaginer une personne handicapée naviguant sur Internet.
Pour surfer sur le Web, les personnes handicapées utilisent des techniques et des technologies adaptées à leur déficience.
Actuellement, la plupart des sites web sont créées sans penser aux difficultés liées au handicap, ils comportent des nombreuses barrières rendant difficile leur utilisation. Ces limitations fonctionnelles empêchent des millions de personnes d’utiliser le web, ce qui ne contribue pas à leurs intégrations dans notre société.
Pourtant si les sites et les applications web étaient accessibles, ces personnes pourraient pleinement les utiliser.
Un web accessible doit être conçu pour que ces personnes puissent percevoir, comprendre, naviguer et interagir de manière efficace avec le web, mais aussi pour contribuer au développement de l’information sur la toile.
L’accessibilité du web vise tous les types de déficience, qu’elles soient visuelles, auditives, motrices, cognitives, ou liées à la parole.
L’accessibilité web, un enjeu sociétal
L’accessibilité web aux personnes handicapées est un enjeu sociétal pour le droit à l’information. Média universel, le web est utilisé par de nombreuses entreprises et de nombreux particuliers dans le monde.
L’accessibilité web, vecteur d’intégration et d’autonomie, toute la population doit bénéficier des apports de cette technologie de façon équivalente.
Ce facteur est souvent décuplé pour les personnes non-voyantes, il constitue parfois l’unique moyen d’accéder aux sources d’informations. Nous pensons souvent que le web est un accessoire, mais lorsqu’une personne atteinte d’handicap, son quotidien se trouve changé et l’utilisation d’Internet devient difficile. Obtenir une information pour eux se révèle difficile et de nombreux appels téléphoniques ou de déplacement sont nécessaires pour trouver le renseignement souhaité. Internet évite ces démarches car la plupart des informations sont disponibles sur la toile.
Pour favoriser le développement de l’information sur le web (accessibilité web), les pouvoirs publics et les organisations internationales mettent en place différentes actions (lois, recommandations, normes) qui devraient encourager à la démocratisation de l’accessibilité.
Mais aujourd’hui, l’accessibilité web ne doit pas être seulement vu de manière contraignante, de nombreuses sources d’opportunité s’ouvrent pour les entreprises impliquées dans cette démarche. (Développement durable, commerciale…)
Dans un contexte, où le nombre d’internautes a suivi une progression constante, où le vieillissement de la population devient de plus en plus conséquent, on peut raisonnablement annoncer que le nombre de personnes présentant un accès plus défavorisé à Internet est tout aussi croissant. Les statistiques d’Ipsos, datant de juin 2006, vont dans ce sens. Les populations dont l’évolution est croissante sont effectivement les retraités et les plus de 50ans. Or, ce sont bien ces personnes qui rencontrent le plus de difficultés à naviguer sur Internet.
L’accessibilité du web aux personnes handicapées est couramment représentée comme une contrainte ou un devoir civique mais cette fausse allégorie se justifie par son manque de connaissance.
L’universalité d’un média planétaire
Les nouvelles technologies font désormais partie de notre quotidien et l’utilisation d’Internet est rentrée dans toutes les couches de notre société grâce à ses multiples avantages.
Aujourd’hui nous pouvons juger de la performance d’un Etat en fonction de son implication à l’utilisation des nouvelles techniques de l’information et de la communication [TIC]. Prenant conscience de leurs importances, certains Etat à l’instar des Etats-Unis misent depuis de nombreuses années sur leurs impacts, pouvant apporter de réels bénéfices en termes d’attractivité.
De nos jours, bien qu’internationale, les techniques de l’information et de la communication sont mises à mal par leurs manques de fiabilité et de sécurité et l’universalité de leur utilisation reste médiocre.
Pourtant, l’accessibilité (accessibilité web) doit favoriser la création d’un web de meilleure qualité, plus universelle et plus humain faisant contribuer et pouvant aider chacun d’entre nous dans notre vie de tous les jours.
Devenu un média planétaire et universel reposant sur un réseau mondial, il est justifié de dire qu’Internet constitue dans certains cas, l’unique moyen d’accéder à la communication et aux sources d’informations. On pense souvent que l’ordinateur est un accessoire secondaire, surtout pour Internet, que l’on peut très bien s’en passer, mais c’est sans se mettre à la place de ceux qui ne peuvent plus lire ou écrire sans un ordinateur.
Il est donc justifier de faire en sorte que chacun puisse bénéficier des techniques d’information d’une manière semblable (accessibilité web), à la fois en rendant le contenu des sites web accessibles et en permettant aux personnes qui en ont besoin d’être aidées, aussi bien matériellement, financièrement, qu’humainement.
Néanmoins sur Internet, on retrouve de nombreux défauts de conception comme beaucoup d’innovation technique d’aujourd’hui, qui sont des obstacles récurrents pour de nombreux utilisateurs (seniors, personnes souffrant d’handicap…). Car, lorsqu’une personne est atteinte d’un handicap, son quotidien s’en trouve changé et l’utilisation de certains appareils devient difficile. C’est malheureusement le cas pour l’Internet et l’Intranet.
Pourtant, Le Net est fait pour tout le monde, mais il ne respecte pas toujours les situations spécifiques de certaines personnes. Certaines déficiences peuvent nécessiter d’aides techniques particulières qui ne sont pas toujours compatibles avec la présentation du contenu à utiliser. (Clavier braille, synthèse vocale).
Rendre le web accessible pour les personnes handicapées est un enjeu sociétal important pour le droit à l’information, c’est aussi un enjeu pour les pouvoirs publics et les entreprises en terme d’attractivité pour l’un et de représentation pour l’autre.
L’accessibilité web a toujours été traitée d’une manière technique or la question de l’accessibilité est indéfiniment plus vaste.
Grâce à son impact sur les choix politiques d’un pays, sur l’engagement des organisations Internationales en sa faveur ou sur les conséquences stratégiques entreprises, Il est intéressant de se poser des questions autour de ce concept.
- Pourquoi donne-t-on autant importance à ce sujet aujourd’hui ?
- Qui sont les acteurs impliqués et quelles sont leurs réelles motivations ?
- Tous les acteurs parlent t’ils d’une même voix, n’y a-t-il pas plusieurs points de vue ?
- Comment fonctionne et qui génère l’actualité sur ce sujet ?
- Est-ce une réelle opportunité pour nous ou juste un phénomène de société ?
Le droit à l’information pour tous
Les politiques d’information
Une politique d’information s’établit par un plan qui permet de guider le développement des ressources, des services et des systèmes d’information d’un pays, d’une institution régionale, internationale …. L’objectif est de maximiser son utilisation tant par les institutions que par les individus.
Pour bâtir une politique d’information au niveau d’un Etat, celle-ci doit être appliquée en étroite liaison avec la politique globale d’un pays, de même qu’avec la politique d’éducation, de culture, et en accord avec les réalités historiques et sociales.
Aujourd’hui, les politiques d’information, les technologies et les réseaux informatiques alloués, présentent de nouveaux éléments qui convergent vers un panorama qui à de plus en plus de répercussion à l’échelle mondiale.
De plus, l’importance de l’information dans le processus du développement d’un pays, permet de renforcer sa compétitivité, accroître sa performance et de mieux réguler son mécanisme.
Pour que la culture et ses diverses manifestations circulent pour les individus, il est indispensable d’employer le maximum de moyens possibles afin d’offrir à tout le monde les meilleur occasions de communication, dans le but de réduire les distances entre ceux qui ont accès à l’information et ceux qui ne peuvent en disposer.
Primordialement, dans cette optique, il faut d’étudier la question et de porter l’effort sur la relation qu’à la culture avec le développement et l’organisation politique.
L’information répond à ce besoin qu’à humain de s’exprimer et de désirer savoir ce que les autres expriment. Elle répond à un besoin qui devient un droit fondamental pour l’homme puisque, en tant qu’hommes libres, nous devons avoir le droit de nous exprimer et de nous informer.
Une telle prérogative naturelle doit être garantie et développée par l’Etat et défendue par la société publique. Ce droit doit aussi être considéré dans son absolu parce que non seulement il faut penser à la création de l’information, à sa manifestation, mais aussi à la circulation de celle-ci, à sa disponibilité, à son usage et à sa lecture (accessibilité web).
Pour concrétiser le droit à l’information, un étroit rapport entre la société et l’Etat permettrait d’avoir des interactions mutuelles et réciproques. Il est donc évident de prendre en compte tous les nouveaux comportements, les attitudes et les valeurs de la société en général mettant en évidence la valeur stratégique du savoir, de l’information et de la lecture dans le développement et la démocratisation de notre société.
De l’information à son accessibilité
L’accès universel à l’information (accessibilité web) est un élément essentiel des sociétés du savoir. Mais l’accès physique ne suffit pas – encore faut-il que l’information soit accessible.
L’accessibilité est un assortiment de réglages permettant aux personnes atteintes de certains handicaps d’utiliser facilement un ordinateur.
L’UNESCO en 1996 a publié un document d’orientation intitulé «L’UNESCO et la Société d’Information pour Tous». L’élaboration de ce texte fait l’objet d’une avancé importante dans la reconnaissance de ce droit fondamental. Il permettra, je l’espère, la création d’un projet éducatif, scientifique et culturel lié aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. L’objectif est que l’ONU s’engage à promouvoir la libre circulation des idées par la parole et par l’image.
Suite à cet objectif, l’ONU a établi Le Programme Information Pour Tous « PIPT ». Ce plan est un programme intergouvernemental, créé en 2000. Dans le cadre du PIPT, les états du monde se sont déterminés à mobiliser les nouvelles opportunités de l’ère de l’information pour créer des sociétés plus équitables grâce à un meilleur accès à l’information.
La dernière décennie a connu des innovations technologiques d’une grande ampleur. Le défi auquel le monde est confronté aujourd’hui doit permettre de garantir à tous un accès légitime à ces innovations créées. L’information joue un rôle majeur dans le développement international. Elle est essentielle à la survie de l’humanité et de la société. Le Programme Information Pour Tous est la réaction aux défis et aux opportunités de la société de l’information.
Ce plan est fortement intégré aux activités du Programme ordinaire de l’UNESCO, dans le domaine de la communication et de l’information (accessibilité web).
De plus, le PIPT travaille en étroite collaboration avec d’autres organisations intergouvernementales et beaucoup d’ONG internationales, en particulier avec celles qui sont spécialisées dans la gestion et la préservation de l’information, comme la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques (IFLA) et le Conseil international des archives (CIA). Début 2007, le PIPT dénombre déjà 50 comités à travers le monde qui concrétisent l’orientation du programme au niveau des pays et permettent d’accomplir, d’encadrer et de promouvoir la vision du PIPT.
Le Programme Information Pour Tous à comme objectif:
- D’améliorer la réflexion et le débat au niveau international sur les défis éthiques, juridiques et sociétaux de la société de l’information.
- Favoriser et d’élargir l’accès à l’information du domaine public par l’organisation, la numérisation et la préservation de l’information.
- Soutenir la formation, l’éducation permanente et l’apprentissage tout au long de la vie dans les domaines de la communication, de l’information et de l’informatique ;
- D’appuyer la production de contenus locaux et favoriser la disponibilité des savoirs autochtones par l’alphabétisation de base et la formation à la connaissance élémentaire des TIC.
- De promouvoir l’utilisation des normes internationales et des meilleures pratiques en matière de communication, d’information
- Valoriser la mise en réseau des informations et des connaissances aux niveaux local, régional et international.
L’objectif de UNESCO est de faire avancer la coopération internationale au niveau de la communication, de l’information et de l’informatique, dans le but de réduire l’inégalité entre les pays afin de promouvoir l’emploi des technologies, de la communication et de l’information au service du développement, de la démocratie. A la fois globale et locale, la société de l’information est formée par les individus et les groupes sociaux qui apportent leur information locale et leur point de vue.
« L’autonomie de tous et de chacun des citoyens par l’accès au savoir, et l’aptitude à l’utiliser. »
Vers la notion d’accessibilité
L’accessibilité est une notion assez relative. Avoir une définition appropriée et précise dépend du contexte lorsqu’on l’emploi. Ce concept, est quelque chose que chacun de nous peut juger et évaluer autrement. (Accessibilité web)
« L’accessibilité est … une notion glissante… un de ces termes que tout le monde utilise jusqu’au moment ou l’on se retrouve confronté au problème de le définir et de l’évaluer. ».
Le terme d’accessibilité est aujourd’hui un mot utilisé indifféremment dans multiples contextes. Parler d’accessibilité à l’éducation, à la santé ou à l’information de manière politiquement correcte dans les rendez-vous internationaux est une façon de reléguer ces droits fondamentaux à une place secondaire et de ne mettre l’accent que sur les techniques de leur distribution et de leur pratique.
Pour les personnes handicapées, l’accessibilité a toujours représenté un enjeu majeur. En témoignent les luttes que mènent les représentants de ce milieu (Handicap Emploi, Vivre Fm…). L’ère numérique et le rythme des développements technologiques ont apporté beaucoup de défis et autant de nouvelles opportunités pour cette population. Je dois reconnaître la grande contribution de cette communauté au développement de l’accessibilité Web (Accessibilité web).
L’accessibilité web, une condition universelle
Pour bien connaître les enjeux de l’accessibilité, il convient de définir ce qu’on entend par « accès universel ». Dans le domaine des TIC, l’accès universel fait référence à des notions d’interopérabilité, de compatibilité, d’équipement, d’infrastructures… et d’accessibilité.
L’accès universel repose donc sur l’atteinte de certaines conditions.
Pour Tim Berners Lee, directeur du W3C et inventeur du World Wide Web, l’accessibilité web consiste à : « Mettre le Web et ses services à la disposition de tous les individus, quel que soit leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales. »
Parmi les conditions d’accès universel qui existe, beaucoup de confusion est porté sur la notion d’accessibilité web car on en fait la promotion selon ses intérêts. Ainsi, l’accessibilité web peut être apparentée à la connectivité, à l’infrastructure, aux moyens cognitifs, à l’éducation ou à la disponibilité des informations.
Au commencement, l’accessibilité web a concerné la facilité avec laquelle on pouvait accéder ou interagir avec l’environnement mais le développement de la société de l’information a vu le concept évoluer radicalement.
L’idée que le web donne accès à une multitude de ressources d’information, cela provoque une surinformation qui malheureusement ne donne pas nécessairement accès à des informations utiles, courantes, fiables au bon moment.
L’accessibilité web est informationnelle, sociale et culturelle et non plus physique car l’approche traditionnelle (physique) de l’accessibilité ne reconnaît pas l’individu en tant que réseaux ou groupement social. Dans ce nouveau concept où l’information est échangée à travers des réseaux et des groupes, la normalisation (normes) est favorisée.
La disponibilité des ressources de communication doit être basée sur la personne ou son groupe sociale et non par sa localisation car l’accessibilité est un enjeu déterritorialisé.
L’accessibilité, condition essentielle pour les personnes handicapées
Les transformations provoquées par le développement des technologies de l’information et des communications (TIC) ont aussi eu des répercussions pour les personnes handicapées.
Pour une personne souffrant d’handicap, l’accessibilité d’un lieu signifie que l’endroit est aménagé afin qu’elle puisse y pénétrer et y circuler sans obstacle et que les installations, les équipements et les moyens de communication sont conçus pour en permettre l’usage. Cette accessibilité repose sur le développement et l’adoption de normes qui doivent être respecté en amont.
L’accessibilité web à besoin de norme
Ce besoin de norme se transpose dans un contexte technologique. Pour l’ONU, il s’agit des applications susceptibles de s’adapter à chaque préférence et à chaque besoin pour l’utilisateur. Pour le programme Web Accessibility Initiative (WAI) du W3C, il est question de contenu accessible lorsqu’il peut être utilisé par une personne ayant un handicap. Dans le milieu de la déficience, l’accessibilité aux TIC signifie que ces technologies (sites web, logiciels équipements informatiques, téléphonie, kiosques d’information et guichets de services automatisés, etc.) sont utilisables par les personnes handicapées, peu importent leurs incapacités ou les moyens de pallier à ces dernières.
Afin de clarifier les enjeux de l’accessibilité web et d’élaborer des solutions d’accessibilité web, La WAI – Web Accessibility Initiative travaille sur des solutions techniques pertinentes afin de rendre le web accessible. La norme WCAG en est issue, et indique très clairement les améliorations qui doivent être apportées à un site pour qu’il soit correctement accessible. La Web Accessibility Initiative (WAI) a définit des directives qui servent de normes internationales en matière d’accessibilité Web.
- La Web Accessibility Initiative a servi de base pour plusieurs gouvernements comme les Etats-Unis, le Canada, et dans la majorité des pays de l’Union Européenne. Parallèlement, les gouvernements ont adopté un cadre législatif pour s’assurer la mise en application de ces pratiques. Selon le pays, le référentiel est différent, les modalités de mise en conformité divergent, le champ d’application est parfois restreint aux seuls sites des institutions publiques, alors que des pays tels que l’Angleterre prévoient son application tant pour les sites publics que privés.
Les nouvelles technologies favorisent le développement et l’autonomie des personnes handicapées : aide à la communication ou aide à la recherche d’information… Plusieurs expertises en faveur de l’accès des personnes handicapées à ces technologies ont été élaborées ces dernières années autour du développement de solutions technologiques accessible, autour de l’information en générale, ou autour de la sensibilisation.
Les enjeux entourant l’accessibilité des nouvelles technologies (accessibilité web) et des contenus aux personnes handicapées sont de plus en plus pris en compte dans notre société occidentale. Après les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni ont adopté des législations, la France vient d’adopter une loi qui contient des obligations en matière d’accessibilité des sites web publics. Pourtant, il est légitime aujourd’hui que les personnes souffrant d’handicap puissent accéder aux sources d’information disponibles sur Internet car elles sont parmi les moins instruites et les plus marginalisées. Elles sont plus de 800 millions à l’échelle planétaire, dont la plus grande partie vit dans des pays en voie de développement.
Qu’est qu’un Web accessible ?
L’accessibilité Web signifie que les personnes handicapées peuvent utiliser le Web. Plus exactement, l’accessibilité signifie que le Web est conçu pour que ces personnes puissent percevoir, comprendre, naviguer et interagir de manière efficace avec le Web, mais aussi créer du contenu et apporter leur contribution au Web.
Des limitations fonctionnelles empêchent des millions de personnes d’utiliser le Web. Actuellement, la plupart des sites Web comporte des barrières qui rendent difficile voire même impossible leur utilisation par un grand nombre de personnes souffrant handicaps. Pourtant, si les sites et les applications Web étaient accessibles, ces personnes pourraient pleinement les utiliser.
L’accessibilité Web vise toutes les déficiences, qu’elles soient visuelles, auditives, motrices, cognitives, neurologiques ou liées à la parole. Le document « How People with Disabilities Use the Web » (Comment les personnes handicapées utilisent le Web), décrit de quelles façons les différentes incapacités affectent l’utilisation du Web.
L’accessibilité Web peut aussi intéresser des personnes qui ne présentent aucune déficience. Un principe fondamental de l’accessibilité Web est la flexibilité qui consiste à répondre à des besoins, à des situations et à des préférences variées. Cette flexibilité bénéficie à toute personne utilisant le Web, y compris celles qui sans avoir de déficience font face à différentes situations, comme une connexion à faible débit ou une fracture au bras. Les personnes plus âgées peuvent également bénéficier de cette flexibilité.
L’accessibilité Web dépend de multiples vecteurs, comme la coopération et l’interaction de divers aspects du développement Web, dont les applications Web et les développeurs. L’inaccessibilité de plusieurs sites est principalement liée au manque de connaissance.
Pour commencer à adopter une procédure d’accessible web, il faut comprendre, comment rendre le contenu d’un site accessible au plus grand nombre ? Cette question permet de mieux organiser l’information, de mieux la hiérarchiser. En effet, la première raison qui pousse un utilisateur à aller sur Internet, est de trouver une information ; il ne s’agit pas encore de réfléchir à l’apparence, mais à la manière avec laquelle celle-ci est organisée pour répondre à un besoin de consultation.
Un site accessible permet de réduire ses coûts de maintenance, permet aussi d’avoir de meilleurs résultats en terme de référencement, permet d’alléger le poids des pages afin de diminuer le temps d’ouverture d’une page.
Pour comprendre les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes souffrant du handicap dans l’accessibilité web, il est nécessaire de s’imaginer comment elles peuvent consulter la toile. Si le clavier, la souris, un écran et un navigateur Internet sont les éléments que la majorité des internautes utilisent, il va s’en dire qu’un écran n’est pas d’une grande utilité pour un aveugle !
De même, une souris n’est pas toujours manipulable par une personne souffrant de problèmes moteurs, elle doit donc employer d’autres matériels lui permettant de naviguer, comme un clavier. Il n’y a en effet pas de solution miracle qui résout les difficultés de tous. Chaque handicap est différent, présent à des degrés variables, et tout l’enjeu de l’accessibilité est d’assurer un niveau minimal d’accessibilité à tous ces publics. On peut toutefois classifier les déficiences rencontrées en quatre familles, étant chacune à l’origine de problèmes spécifiques accessibilité web.
Pourquoi l’accessibilité du Web est-elle importante ?
A l’image des ambitions d’Internet il y a quelques années, l’accessibilité web est une démarche hautement universelle qui soulève une multitude de problématiques. Le rôle du Web est de plus en plus important dans les secteurs du commerce, de l’éducation, du loisir, et de l’emploi. Un Internet accessible qui permet aux personnes handicapées de participer activement à la société est un devoir pour l’égalité des chances.
L’accès à un réseau d’informations représente un facteur d’intégration pour chaque individu quel qu’il soit, un moteur dans une activité sociale, culturelle ou professionnelle. Ce facteur est décuplé dans le cas d’une personne handicapée, puisque cela représente parfois pour elle l’unique moyen d’avoir accès à cette information accessibilité web.
Toute personne handicapée, cherchant à avoir son autonomie, sait qu’il est souvent difficile d’obtenir une information complète rapidement. Concernant le handicap, l’information est fragmentaire, il faut de nombreux appels téléphoniques et de déplacements pour trouver sa recherche. Et grâce au web, on évite d’avoir à trop se déplacer, un grand nombre des renseignements nécessaires sont disponibles sur la toile.
Aujourd’hui, les technologies et les réseaux informatiques possèdent de nouveaux éléments qui convergent vers l’information et son utilisation ; les réseaux, les équipements, les programmes et les systèmes informatiques existent parce qu’ils transmettent de l’information autour de laquelle gravitent aussi bien le monde actuel que les possibilités qu’impliquent l’approche et l’acquisition du savoir. Bien qu’ils soient une part fondamentale des politiques de l’information, les pays et les organismes internationaux séparent les aspects technologiques et les traitent comme des politiques informatiques.
Plus concrètement, il s’agit bien d’adapter et de sensibiliser le comportement de tous les acteurs du secteur d’Internet (éditeurs de sites, services, de logiciels, de matériels, etc.) afin de proposer des solutions à l’utilisateur et non l’inverse c’est à dire de vouloir adapter l’utilisateur à Internet.
Le web offre aux personnes souffrant du handicap un accès à l’information sans précèdent et une multitude de possibilité d’interaction accessibilité web.
L’accessibilité web, un sujet d’actualité
L’amélioration des TIC (technologie de l’information et de la communication) est un réel enjeu. Elle permettra d’améliorer les conditions de vie de 10 % de la population mondiale souffrant d’un handicap physique ou fonctionnel, favorisera son insertion économique et sociale et l’aidera quotidiennement dans son handicap.
Pour Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU :
« Alors que les technologies de l’information et des communications se généralisaient (..), la plupart des sites Web demeuraient inaccessibles aux millions de handicapés qui ont des difficultés à manipuler une souris, ou aux malvoyants qui ont besoin d’un « lecteur d’écran » ou de gros caractères pour lire une page. ».
Les initiatives autour de l’accessibilité web ont permis une prise de conscience de ses enjeux.
Il faudra du temps pour que cette démarche soit totalement intégrée auprès des organismes privés ou publics. Les lois et référentiels ont permis d’accélérer dans certain pays la mise en conformité même si la multiplicité des références rend la situation parfois confuse.
Mais, réduire l’importance de l’accessibilité numérique à des décrets nationaux reste une grave erreur de perception. Il importe de dire que le cadre législatif et les obligations qui en découlent ne sont pas la raison fondamentale pour agir. Cette législation doit donc opérer parallèlement à un travail de sensibilisation afin que tous les acteurs soient en mesure de comprendre le bien fondé de ces mesures et d’en retirer des opportunités accessibilité web.
Pour un meilleur développement de l’accessibilité web
Comme je les évoqué précédemment, la demande de prise en compte de dimensions sociales et culturelles dans le développement de l’accès universel n’est pas nouvelle. Dans cet optique, les travaux concernant le Sommet mondial de la Société de l’Information (SMSI) essaient de considérer des besoins particuliers, tels l’éducation (dans une optique de renforcement des capacités) et l’accès à des ressources communautaires.
L’ONU a fait des travaux intéressants en ce sens via son programme d’action mondial. Il avance la notion « d’accessibilité environnementale », qui inclut la planification et l’introduction de mesures afin de favoriser l’intégration et la participation de tous.
Dans le contexte, nous devons voir l’accessibilité pour les personnes handicapées comme une dimension sociale et une condition fondamentale de l’accès universel à la société de l’information. Cette accessibilité doit se concrétiser par une démarche participative et normalisée :
Inclusive dans une optique de prise en compte des besoins de tous dans la conception, l’implantation et l’évaluation de stratégies, politiques, programmes et projets.
Participative dans une optique de participation de tous à la prise de décisions qui ont un impact sur la vie des individus et des communautés ;
Normalisée dans une optique de développement et d’adoption de concepts, de procédures et de standards qui prennent en compte les différences sociales, économiques, culturelles, linguistiques, physiques et géographiques de tous. Accessibilité web.
Où en sont les politiques d’accessibilité web
Les dispositions juridiques à l’internationale
Si la France s’intéresse au sujet de l’accessibilité, c’est bien parce que les besoins d’accessibilité des systèmes d’information sont de plus en plus évidents, mais aussi parce que, au regard de ce qui se fait déjà dans d’autres pays, il ne serait pas normal que nous soyons parmi les derniers à ne pas avoir pris en compte ce problème.
Quelques textes ont déjà posé les bases de cette problématique, mais, pendant ce temps, d’autres pays ont légiférés et mis en application un certain nombre de mesures concrètes. L’approche doit se faire à la fois au niveau national et international et, le réseau (le web) ne connaissant pas de frontières, son accessibilité doit être partagé par tous.
Évoqués dans la première partie Internet (accessibilité web) est codifié par des normes émanant d’un consortium international basé à New York «le W3C ». Sa mission est de fournir des recommandations au niveau mondial pour standardiser cette technologie afin de la rendre à la fois plus performante et de meilleure qualité.
Face aux difficultés de navigation rencontrées par les personnes handicapées sur Internet, le W3C créa une cellule nommé « WAI » pour l’accessibilité internet. La « WAI », a produit à cet effet un référentiel International sur l’accessibilité. « WCAG ». Ce document regroupe un ensemble de recommandations et de conseils spécifiques afin de rendre un site web accessible aux personnes handicapées. Les critères sont répartis selon trois niveaux de priorité (de A, les points les plus importants à vérifier, à AAA, les points les plus accessoires).
Aux Etats-Unis – accessibilité Internet
Les dispositions américaines ont souvent servi d’exemples à l’international, puisqu’elles sont apparues rapidement et ont engagé un processus exemplaire en matière d’accessibilité.
En 1998, se basant sur la loi anti-discrimination Rehabilitation Act de 1973, les autorités américaines ont renforcé une nouvelle disposition concernant l’accessibilité des sites Internet dans leur pays pour intégrer les besoins en matière de technologie. Il y est stipulé que toute personne a droit à l’accès aux sites Internet, quelque soit son handicap. La loi (section 508) donne droit à procès, dans le cas où un utilisateur estime que ce droit d’accès est bafoué.
« En 2003, un étudiant aveugle en Californie porte plainte contre le site e-commerce Target.com pour inaccessibilité de leur site web. Un article du SF Gate résume la situation. Parmi les arguments avancés, j’en retiens deux:
- le non respect de la loi ADA (équivalent de notre loi sur le handicap)
- la non équivalence entre le supermarché « de la rue » et le supermarché en ligne, qui applique une discrimination envers les personnes aveugles. »
Cette loi a permis la création d’une agence fédérale chargée de créer les normes exécutoires d’accessibilité web afin de permettre que les nouveaux produits technologiques et les services Web (site Internet, intranet…) soient accessibles aux personnes ayant des incapacités handicapantes. Les agences fédérales (Access Board) doivent employer ces normes (WCAG) dans tous leurs produits technologiques et services Web.
L’existence de ces normes facilite la mise en accessibilité web de tous les produits technologiques et services Web utilisés par les agences.
Les sites d’Etat sont donc conçus pour être accessibles, tout appel d’offre intégrant dans le cahier des charges les dispositions relatives à ce droit d’accès accessibilité web, et les utilisateurs peuvent faire pression sur les sites récalcitrants par voie de justice. Mais la section 508 ne parle pas de dommage financier. Ceux qui gagnent leurs procès obtiendront l’exigence que les agences soient conformes à la section 508 et seront remboursés de leur frais de justice. De plus, les citoyens peuvent également engager une action civile contre une agence fédérale.
Il semble, toutefois, que ces dispositions aient été instituées trop rapidement, puisqu’il n’y a pas de rapport direct avec la WAI, entité de référence avec ses recommandations internationales WCAG.
Ce modèle de type anglo-saxon paraît difficilement applicable en France sans un changement de comportement car les citoyens sont beaucoup moins procéduriers. La possibilité de pouvoir recourir à la justice peut se justifier, mais il est préférable de se focaliser sur la manière d’avoir des sites accessibles, par le biais de critères fiables et uniformément reconnus, et les moyens de les appliquer et de les vérifier doivent être légitimes.
Au Canada – accessibilité web
En 2000, le Conseil du Trésor Canadien a approuvé les Normes et directives sur la Normalisation des sites Internet (NSI). Elles imposent à toutes les institutions visées aux Parties 1, 1.1 et 2 de la Loi sur la gestion des finances publiques de se conformer aux règles d’accessibilité de la cellule Web Accessibility Initiative (WAI/W3C WCAG 1.0) de priorité A et AA. Le Canada recommande l’utilisation du référentiel international pour l’accessibilité web.
Dans la province de l’Ontario :
L’Ontario a adopté une Loi de 2001 sur les personnes handicapées qui prévoit certaines dispositions en regard à l’accessibilité technologique, accessibilité web. Notamment, l’article 5 de cette loi. Lorsqu’une entreprise décide d’acheter des produits ou des services pour son usage ou celui de ses employés ou du public, le gouvernement de la province tiendra compte de l’accessibilité des personnes handicapées à ces produits ou services, accessibilité web.
De plus il est utile de préciser que le gouvernement offre ses sites Internet sur un format accessible aux personnes handicapées, sauf quand la technologie ne le permet pas.
Dans la province du Québec :
Dans une Loi portant sur le handicap, affirmant l’exercice des droits des personnes handicapées, l’accessibilité web n’est pas directement visée et leur portée demeure encore floue.
Le gouvernement a établit une politique visant à ce que les ministères et les organismes publics se dotent de mesures raisonnables permettant aux handicapées d’avoir accès aux documents, quelle que soit leur forme, et aux services offerts au public. Les ministères, les organismes publics et les municipalités doivent tenir compte dans leur processus d’achat ou de biens et de services, de leur accessibilité aux personnes handicapées (accessibilité web).
Une initiative très positive concernant l’encadrement du travail des ressources gouvernementales a été créée, celles-ci se réfèrent à la diffusion de l’information publique sur Internet. Ce texte propose plusieurs consignes minimalistes en matière d’accessibilité aux personnes handicapées. Afin d’éliminer les désavantages que subissent les personnes handicapées naviguant sur les sites Web, tous les sites gouvernementaux doivent respecter les consignes de base en matière d’accessibilité web.
Exemple d’accessibilité web:
- Fournir un équivalent pour tout élément non texte afin que les utilisateurs de navigateurs à interface non graphique et ceux ayant un handicap puissent s’y retrouver;
- Donner et fournir des liens texte pour chaque région active d’une image cliquable côté serveur;
- Titrer chaque cadre (frame) pour faciliter l’identification et la navigation de ces cadres (frames)…
Toutefois, les sites gouvernementaux devraient se conformer aux normes établies par le WAI (Web Accessibility Initiative) en matière d’accessibilité aux personnes handicapées.
En Angleterre – accessibilité web
En 1995, le Royaume Uni a créé une loi appelée le Disability Discrimination Act (DDA) qui considère comme illégale toute discrimination contre les personnes handicapées dans la diffusion de biens et de services du fait de leur handicap.
Les prestataires de biens et de services doivent prendre en compte la dimension de l’accessibilité, en anglais il parle « d’ajustement raisonnable » afin de s’assurer que leurs biens et services ne sont pas une discrimination envers ces personnes. Comme les sites Web sont considérés comme des services, la loi DDA s’applique également. Malgré tout le terme « ajustement raisonnable »reste flou.
Une commission a été créée pour surveiller l’environnent: la Disability Rights Commission. Financée par le gouvernement britannique, elle reste totalement indépendante de celui-ci.
En France, cette organisation n’a pas d’équivalent. Son objectif est de mener des enquêtes sur le handicap. Cette organisation se place au même niveau que deux autres entités qui existent au Royaume-Uni, la commission pour l’égalité entre les sexes et la commission pour l’égalité entre les peuples. Les résultats des enquêtes menées par ces commissions font l’objet de données très au sérieux auprès du gouvernement.
Une enquête menée en mars 2005, afin de savoir ce que représente le terme « ajustements raisonnables » pour que les concepteurs de sites Web rendant leurs sites accessibles, a été réalisé. Plusieurs questions ont été posées :
- Quelles sont les barrières à l’accessibilité Web ?
- Quelles initiatives doivent être faites pour améliorer la situation.
- Commandé par la commission, cette étude, n’a pas encore été rendue publique, mais il est probable que le gouvernement britannique s’en inspira.
En Belgique – accessibilité web
La loi du 25 février 2003, appelé « loi anti-discrimination », modifie la loi de février 1993. Un Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme a été créée. Elle interdit la discrimination directe ou indirecte portant sur « les fournitures de biens ou de services à la disposition du public ».
Directement fondée sur un handicap, les discriminations directes sont considérées comme des distinctions de traitement qui manquent de justification objective et raisonnable. De plus, il est utile d’ajouter que l’absence d’aménagements raisonnables pour une personne handicapée constitue une discrimination. Par ailleurs, le gouvernement wallon a voté une note d’orientation en matière d’intégration des personnes à mobilité réduite. Les mesures relatives à l’accessibilité des sites Web sont inscrites et approuvées dans cette note.
En Italie
Une loi a été votée le 16 octobre 2003 en Italie. Elle affirme que les services informatiques de l’Etat doivent être accessibles. Cette loi définit l’accessibilité et elle recommande que les appels d’offres intègrent cette question à part égale avec les autres critères de choix.
Il y est stipulé que les services publics doivent mettre à disposition de leurs employés handicapés des aides techniques nécessaires, même dans le cas de télétravail. Egalement, les éditeurs fournissant des livres aux bibliothèques scolaires doivent désormais prévoir la fourniture de copies sur support numérique accessibles aux élèves, aux étudiants handicapés et aux enseignants assurant le soutien, dans les limites des disponibilités de budget.
Le Ministère pour l’innovation et les technologies s’occupe du bon fonctionnement et du suivi de la loi, surveille son respect et encourage toutes les actions en faveur de l’accessibilité web.
La loi prévoit la mise en place de formations organisées par l’École supérieure de l’administration publique, ainsi que l’introduction des problématiques de l’accessibilité web et des aides techniques dans l’enseignement des technologies et la formation professionnelle. La non observation des dispositions de la loi entraîne une responsabilité pénale et civile. Il est prévu que, dans les 120 jours suivant l’entrée en vigueur de la loi, le Ministre pour l’innovation et les technologies, après avoir consulté les associations de personnes handicapées les plus représentatives, établit par décret les recommandations techniques concernant l’accessibilité, les méthodologies pour vérifier de l’accessibilité des sites Internet (accessibilité web), ainsi que des outils techniques d’évaluation utilisables à cette fin.
Il me semble que cette loi soit actuellement la plus aboutie, reste à en connaître le décret d’application, élément aussi important que la loi elle-même pour un bon résultat.
En France
En 2004 s’est ouverte une première phase de sensibilisation à l’accessibilité des sites des services de l’Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics. L’Agence pour le Développement de l’Administration Electronique (ADAE) a adopté un « Référentiel accessibilité des services Internet de l’administration ». Ces travaux sont issus du centre de ressources et de recherche Accessiweb (label Français) créé par l’association BrailleNet sur la base de la norme internationale mais complétés par des préconisations plus contraignantes au niveau par exemple de l’ergonomie.
L’obligation d’accessibilité est mentionnée par l’article 47 de la loi du 11 février 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », qui énonce : « Les services de communication publique en ligne des services de l’État, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées. »
La Direction générale de la Modernisation de l’État « DGME » devient le moteur du projet lancé en 2005 par appel d’offre auprès deux sociétés privées, Tektonika et Témésis, afin de créer un référentiel général d’accessibilité des administrations (RGAA). Annexe du référentiel d’interopérabilité, le RGAA est une méthode progressive d’évaluation de l’accessibilité des contenus Web telle qu’elle est définie par la norme internationale WCAG2.0, au niveau le plus élevé (AAA).
Par ailleurs, des organismes publics – privés agissent pour promouvoir l’accessibilité du Web aux personnes handicapées en fournissant des guides de bonnes pratiques, aidant à la réalisation de sites accessibles ou à des solutions permettant l’utilisation de sites web par des personnes en situation de handicap.
Guide de bonnes pratiques sur l’accessibilité disponibles en langue française :
- Ipedis
- BrailleNet
- HandicapZéro
- WebSourd
En 2005, la France adopta la « Loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » dont l’article 47 :
« Les services de communication publique en ligne des services de l’Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées. L’accessibilité des services de communication publique en ligne concerne l’accès à tout type d’information sous forme numérique quels que soient le moyen d’accès, les contenus et le mode de consultation. Les recommandations internationales pour l’accessibilité de l’Internet doivent être appliquées pour les services de communication publique en ligne. » (Accessibilité web).
En France, depuis février 2006 avec la loi sur l’égalité des droits et des chances. L’article 47 rend notamment obligatoire l’accessibilité des services de l’Etat en ligne : « Les services de communication publique en ligne des services de l’Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées. »
Les principales organisations à l’étranger et en Europe
Au niveau International
Le World Wide Web Consortium ou W3C créé en 1994 pour mener le Web vers sa qualité en développant des technologies (spécifications, lignes directrices, logiciel et outils) qui favorisent l’échange d’information, le commerce, l’inspiration, le libre arbitre et la compréhension collective.
Aujourd’hui, le W3C compte environ 400 organisations membres à travers le monde. Il est reconnu sur le plan international pour sa contribution au développement du Web.
Le W3C définit le Web comme l’univers des informations accessibles en réseau (grâce à un ordinateur, un téléphone, un téléviseur ou un réfrigérateur intelligent…). Aujourd’hui, cet univers offre à la société de nouvelles formes de communication humaine et permet un partage accru des connaissances. Un des premiers objectifs du W3C est de mettre ces avantages à la disposition de tous les individus, quels que soient leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique ou leurs aptitudes physiques ou mentales, accessibilité web.
La WAI (Web Accessibility Initiative du W3C) étudie, sur l’accessibilité web, toutes les technologies développées par le W3C pour s’assurer qu’elles sont conformes aux objectifs en matière d’interopérabilité et d’accessibilité web. Pour atteindre ces objectifs, ces groupes de travail publient des directives selon trois grands axes :
- 1. Directives pour l’accessibilité aux contenus Web version 1.0 (version française),
- L’accessibilité des navigateurs Web (version anglaise),
- L’accessibilité des outils de conception Web et leur capacité à produire du contenu accessible (version française).
Classées en trois niveaux de priorité, les règles d’accessibilité comportent plusieurs règles se détaillant en points de contrôle :
- Priorité 1 (niveau A) : Un développeur de contenu Web doit satisfaire à ce point de contrôle. Sinon, pour un ou plusieurs groupes, il sera impossible d’accéder à l’information du document. Satisfaire à ce point de contrôle est une exigence élémentaire.
- Priorité 2 (niveau AA) : Un développeur de contenu Web devrait satisfaire à ce point de contrôle. Sinon, un ou plusieurs groupes auront des difficultés d’accès à l’information du document. Satisfaire à ce point de contrôle lèvera certaines barrières empêchant l’accès des documents Web.
- Priorité 3 (niveau AAA) : Un développeur de contenu Web peut respecter ce point de contrôle. Sinon un ou plusieurs groupes auront quelques difficultés pour accéder à l’information du document. Satisfaire à ce point de contrôle améliorera l’accès aux documents Web, accessibilité PDF.
Les critères de traitement de l’information :
- Information perceptible : S’assurer que le contenu soit perçu par tout public. Par exemple, une image sans texte de remplacement ne peut être perçue par une personne aveugle. De même, un fichier sonore sans transcription textuelle ne peut être perçu par une personne sourde.
- Information utilisable : S’assurer que les éléments d’interface du contenu sont utilisables par tout utilisateur. Par exemple, une personne ne pouvant utiliser une souris doit pouvoir se déplacer dans le contenu du site.
- Information compréhensible : Rendre le contenu et les mécanismes de navigation compréhensibles par autant d’utilisateurs que possible. Par exemple, indiquer les changements de langue permet aux utilisateurs de synthèse vocale d’entendre prononcer le contenu dans la bonne langue. De même, un langage simple et des mécanismes de navigation cohérents rendent le contenu plus compréhensible pour les personnes ayant une limitation cognitive.
- Information robuste : Utiliser des technologies Web qui maximisent la compatibilité du contenu avec les technologies d’adaptation et les navigateurs actuels et futurs.
En Europe
Dans certains pays, des organismes de labellisation privés ont vu le jour. « Anysurfer en Belgique, Technosite en Espagne, Braillenet en France » et d’autre décernent leur propre label accessibilité web de façon payante pour les sites respectant leur référentiel.
Je pense qu’une harmonisation des normes d’accessibilité web entre les pays est nécessaire afin de rendre plus efficace et plus claire les politiques d’accessibilité web.
Les outils de création Internet sont Internationaux et nous ne pouvons pas adapter les applications web à chaque pays. Les normes internationales doivent devenir la référence dans les années.
Une initiative Européenne
Né en avril 2003, le consortium rassemblant les structures les plus actives de ce secteur en Europe, le RNIB d’Angleterre, l’ONCE d’Espagne, Bartimeus aux Pays-bas, Braillenet, Ipedis pour la France, ainsi que le WAI et un certain nombre d’acteurs industriels mettent en place différentes initiatives autour de l’accessibilité web.
Le but de ce consortium est de fédérer leur action et de mettre en commun leur expérience, leur savoir-faire pour faire avancer des projets en cours : e-Inclusion, e-Accessibilité, e-vieillissement, e-santé créé par la commission Européenne.
La situation d’aujourd’hui sur l’accessibilité web
Beaucoup de mesures relatives à l’accessibilité Web pour les services publics sont en vigueur dans nombre de pays dans le monde aujourd’hui. Mais, la France se révèle à la traîne.
Adopté le 11 février 2005, le texte de loi sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, n’a pas fait l’objet de décret.
Il me semble que l’état doit aujourd’hui mettre en oeuvre des moyens d’accompagnement et de sensibilisation nécessaires pour faciliter le développement de l’accessibilité. La phase de concertation fini depuis longtemps maintenant, doit faire l’objet de mesure concrète, à l’image de ce qui est pratiqué dans d’autres pays comme aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Italie.
Dans plusieurs études, la situation de la France apparaît préoccupante car près de 95% des sites Web ne respectent pas les critères d’accessibilité web.
Une très grande majorité des sites Web audités ne respectent pas les règles d’accessibilité édictées par le W3C et le WAI. La mise en conformité des sites Web avec ces normes constitue un pré-requis indispensable à la conformité.
Le problème en France vient du fait que pour beaucoup d’organismes les contraintes d’accessibilité web du référentiel «AccessiWeb » sont trop contraignantes et pas assez renouvelées face aux nouvelles technologies offrant d’autres possibilités d’accessibilité web.
La situation est en progrès mais il reste encore beaucoup de travail à réaliser. Une prise de conscience n’est pas suffisante aujourd’hui, un gros travail de pédagogie et d’explication s’impose.
Pour beaucoup d’organisme, l’accessibilité est synonyme de coûts importants afin de transformer un site Web non accessible en un site qui l’est. Il faut absolument réfuter cet argument.
Le Web accessible n’est pas forcément un Web plus cher (+ 10% en moyenne). De plus, il permet une conception mieux conçue et de meilleures qualités avec moins d’erreurs ou de bugs. Une page accessible, est bien souvent mieux organisée, elles ont une ergonomie plus conviviale et permettent une navigation plus aisée
Je peux dire également que rendre un site Web accessible, c’est d’abord en faire un site plus agréable pour tous. Par ailleurs, en dehors de ces dimensions-là, il est certain que l’accessibilité ne concerne pas uniquement des personnes handicapées, mais aussi les seniors. Avec l’augmentation de l’espérance de vie de l’ensemble de la population, il est clair que le Web est aussi un outil merveilleux pour garder du lien social. D’un point de vue purement commercial, l’idée de permettre à des personnes âgées de faire du commerce en ligne intéresse tout le monde. En fait, je pense qu’aujourd’hui que si le Web n’est pas accessible, c’est principalement par sa méconnaissance.
Vers une harmonisation de la législation française
Face aux différents politiques d’accessibilité web vus auparavant, je pense que l’état français doit harmoniser sa légalisation sur l’accessibilité web.
Au niveau législatif
L’article 47 de la loi sur l’égalité des droits et des chances n’a toujours pas eu son décret d’application. Une publication rapide de ce décret d’application serait souhaitable.
Ce décret d’application doit obligatoirement faire référence aux recommandations internationales du W3C. Nos sociétés françaises développent leur site dans un cadre européen voir international, elles ont mis en place des méthodes de travail basées sur les principes internationaux. Travailler avec plusieurs méthodes reste inefficace.
De plus, les outils de création Internet sont européens ou internationaux et les éditeurs ne peuvent pas adapter leur(s) produit(s) à chaque pays.
La dernière version du décret permet de s’extraire très facilement à l’obligation de résultat. La loi devrait être obligatoire sans possibilité de dérogation et il serait également nécessaire de mettre en place des pénalités pour les sites publics comme prévu dans l’article 225-2 de la loi de 2004 sur la discrimination accessibilité web.
La priorité des recommandations internationales pour l’accessibilité web
Tous les experts en France demandent l’application des recommandations internationales (WCAG) comme seule référence pour l’accessibilité web. Elles doivent être accompagnées d’une méthodologie d’application commune laquelle doit être en phase avec les niveaux de priorité des WCAG ainsi que la prise en compte des nouvelles technologies pour l’accessibilité web.
Il faudrait créer et mettre en place d’une certification de compétence « accessibilité » à destination des créateurs de sites (ingénieur certifié, chef de projet certifié…) pour l’accessibilité web.
La mise en place d’une certification « accessibilité web» serait utile pour les agences web qui voudraient répondre aux appels d’offres de services en ligne.
La France doit obliger les éditeurs et les organismes publics à fournir des outils respectant les recommandations de base des WCAG Niveau A pour l’accessibilité Internet. Si cette avancée permettrait aux utilisateurs de blogs, de rendre leur contenu accessible, les personnes handicapées pourraient participer aux différents débats.
Au niveau gouvernemental
La création d’un bureau national d’accessibilité web serait souhaitable, il aurait comme responsabilités :
- de communiquer autour des « bonnes pratiques » et des avantages de développer des sites accessibles
- de proposer des solutions web facilitant la navigation pour les personnes handicapées
- de communiquer sur les solutions web facilitant la navigation pour les personnes âgées
- de promouvoir l’accessibilité dans le cursus d’ingénieur, de webmestres
- de gérer le canal de plainte
- de participer activement aux comités Européens et de faire de la France un pole de recherche sur les questions d’accessibilités web.
Les acteurs économiques face à l’accessibilité du web
L’obligation d’accessibilité web
Malgré l’obligation pour le secteur public de rendre accessible leur site Internet, le marché privé promet des perspectives encore plus importantes pour l’accessibilité web. Le nombre d’entreprise et de site Internet sont beaucoup plus important que dans le secteur public dans l’accessibilité web.
Si la méthodologie, le cadre technique et organisationnel de l’accessibilité web a été défini dans un référentiel publié par l’Adae en janvier 2004 (France), l’accessibilité numérique (accessibilité web) comporte deux aspects fondamentaux, qui touchent également le secteur privé. (Ex : Pouvoir consulter une offre d’emploi en ligne sur le site de l’entreprise, accéder au rapport annuel de l’entreprise si on est actionnaire).
En tant que vecteur d’intégration sociale, Internet devrait faciliter considérablement l’accès des personnes handicapées tant à des services de la vie quotidienne jusque là encore peu accessibles (comme la consultation de son compte en banque, le commerce en ligne avec le e-commerce…), qu’au monde des médias. BNP Paribas vient de rendre son site de recrutement accessible. Beaucoup d’entreprises sont engagées dans des programmes de développement durable (en matière de responsabilité sociale, sociétale et environnementale) ou de « contrat mondial » (établissant des axes de progrès vis-à-vis de toutes les parties prenantes: clients, fournisseurs, société, actionnaires). L’accessibilité numérique (accessibilité web) doit naturellement prendre place dans ces programmes.
L’accessibilité numérique (accessibilité web) n’a plus aucune raison d’être réservée au seul secteur public. Les entreprises doivent aussi prendre le chemin de la « haute accessibilité », afin d’améliorer leur image, leur relation client…
Le contexte français pour l’accessibilité Internet
De plus pour des raisons économiques, politiques environnementales et juridique, la France est en retard face à des pays tel que les USA, les pays scandinaves et la Grande Bretagne qui elles ont légiféré l’année dernière en la matière (obligation de rendre accessible les sites du secteur privé) pour l’accessibilité web. De plus en raison de ces obligations, le pourcentage de site accessible est bien plus important.
Tout porte à croire qu’en vu d’une harmonisation des lois au niveau européen, la France sera forcée à faire de même. Les entreprises ont tout intérêt à être proactives afin d’en tirer le maximum de bénéfice et ne pas voir en l’accessibilité web juste une contrainte.
Les opportunités commerciales ouvertes par la mise en place de sites Web accessibles s’avèrent de plus en plus fortes, à mesure que les premiers retours d’expériences des entreprises privées prouvent que rendre un site Web accessible, c’est un moyen pour elles de valoriser leurs contenus et d’accroître la satisfaction globale de leurs clients.
Certains secteurs comme le e-commerce et les sites de recrutement sont particulièrement concerné par l’accessibilité web néanmoins, je remarque les premières entreprises à faire ce pas, le font surtout pour des sites corporate (Crédit Agricole, Sanofi-Aventis…). Des raisons en matière de RSE (responsabilité sociale des entreprises) expliquent cet engagement éthique.
Vers l’accessibilité web du secteur Privé
L’accessibilité web du e-commerce
On ne peut pas parler du web, sans souligner l’importance du e-commerce pour les entreprises. Selon, Forrest Research, société américaine d’études de marché, les transactions des entreprises vers le grand public devraient atteindre en Europe plus de 265 milliards de chiffre d’affaires en 2012. Le nombre d’acheteurs européens dépassait 180 millions, pour un panier moyen annuel de 1600 euros en 2007. En France, la Fevad (Fédération des entreprises de vente à distance) annonçait un chiffre d’affaires de 8,7 milliards d’euros en 2005, pour atteindre 12,5 milliards d’euros en 2007, progression de près de 45%. Quand au nombre d’internautes, 70% ont effectué un achat en ligne au premier trimestre 2006, soit 15 millions d’acheteurs en ligne. Avec 60% de cyberacheteurs au premier trimestre 2006, contre 47% un an plus tôt, la France est au coeur de ce marché. La valeur du marché du business to business en Europe, il était déjà évalué à 2 300 milliards de dollars en 2005 (Source Gartner Group). Il est possible de justifier ces chiffres par un facteur de masse, l’augmentation des équipements d’accès à l’Internet, mais aussi par la baisse des prix du matériel informatique, et par l’évolution du haut débit en France. Ces chiffres situent l’ampleur du commerce électronique dans l’avenir. C’est un moyen incontournable pour une entreprise d’augmenter son chiffre d’affaires.
En 10 ans, Internet a fait naître de nouveaux marchés. B to B, (Business to Business, entre entreprises), B to C (Business to Consumer, de l’entreprise vers l’utilisateur final), places de marché, sites d’enchère. Ces développements sont considérable : + 227 % pour le B to C (France 1999-2002), + 400 % pour le B to B. Ex : Comparateur de prix, annonce immobilier, site météo.
Ces sites pour la plupart non accessible pour les personnes handicapées sont des barrières pour 10% de la population française qui souhaiterait acheter en ligne pour des raisons de faciliter de déplacement.
L’accessibilité web et l’accès au marché des seniors
En vieillissant, les risques de développer un handicap (déficiences visuelles et auditives, l’arthrite, etc.) se multiplient. Aujourd’hui, On compte 10 millions de seniors en France, 127,7 millions en Europe, et parmi eux 80 % souffrent de problèmes de vues (Sources : Ipsos, Datamonitor, Insee/Sesi).
Avec le vieillissement de la population, le secteur d’Internet est en pleine transition. Plusieurs études aux USA ou en Europe indiquent une croissance importante des Internautes de plus de 50 ans. D’une part les jeunes seniors (les Baby boomers) ont plus largement utilisé Internet dans le passé que leurs aînés et d’autre part, les plus de 60 ans sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à Internet.
Cette population, dont la très grande majorité demande des sites Web accessibles, représente un marché essentiel pour les entreprises présentes sur la toile. Deux données importantes :
- le pouvoir d’achat des seniors (environ 70 % des richesses en Europe),
- l’évolution socio-démographique : l’arrivée sur le marché de la « génération 68 », habituée à un mode de consommation épicurien, prête à acheter des voyages en ligne, des produits culturels, des services financiers…
Selon une étude de Médiamétrie, l’utilisation du Web continue de croître en France, avec notamment une forte progression des internautes seniors qui ont été 47% de plus à pratiquer Internet au 4ème trimestre 2006 par rapport à 2005.
Rendre accessible un site Web, c’est ouvrir le contenu et les services en ligne d’une entreprise à un marché de 3,2 millions de personnes handicapées, et 12 millions de personnes déclarant « au moins une incapacité » (Source : Insee).
De plus, on compte actuellement 9,5 millions de seniors en France, 127,4 millions en Europe, et parmi eux 85 % souffrent de problèmes de vus (Sources : Ipsos, Datamonitor, Insee/Sesi).
Loin de bouder Internet, les plus de 55 ans seraient en France 2,6 millions à naviguer sur la toile, contre 11,5 millions en Europe ; 79,2 % d’entre eux consultent des sites marchands (Source : Observatoire FT R&D, mai 2004).
L’accessibilité web entre développement durable et responsabilité sociale d’entreprise
Plus des deux tiers des 250 premières entreprises françaises cotées ont enclenché une démarche en faveur du développement durable. L’initiative en revient, dans 30 % des cas, aux directions générales.
Le développement durable s’impose bel et bien comme un mouvement de fond pour les grandes entreprises. D’après une enquête réalisée par Mazars, pour le compte du Figaro Economie, la totalité des entreprises du CAC 40 et du SBF 120 (120 premières valeurs de la cote) a désormais initié une démarche de développement durable. Au sein du SBF 250, cette part tombe à 70 %. Parmi ces 70 %, toutes les entreprises n’en sont pas au même état d’avancement. 30 % en sont au stade de la réflexion et de l’élaboration de leur stratégie en faveur du développement durable.
Dans ce paysage, l’industrie fait figure de meilleur élève de la classe avec 96 % des entreprises du SBF 250 engagées dans une démarche de développement durable. Suivi par le secteur de la finance (83 %) et des services (75 %).
Parmi les trois volets du développement durable (environnement, économique et social), deux sont jugées prioritaires par les grandes entreprises. L’environnement et l’économie sont chacun placés en avant par 42 % des entreprises. Pour porter cette démarche « développement durable », la dynamique induite par la direction générale apparaît de loin comme le principal moteur pour l’entreprise. Le volet réglementaire, avec la loi NRE (loi sur les nouvelles régulations économiques), n’arrive qu’en deuxième position avec 18,8 % des suffrages.
L’accessibilité web impacte tous les métiers de l’entreprise
Dans un monde qui va toujours plus vite, chaque entreprise doit être proactive face aux enjeux de l’accessibilité du web.
Aux USA, dans les pays scandinaves ou en Grande Bretagne, l’accessibilité web rentre au centre de leur culture d’entreprise. Voici quelques exemples d’opportunités au niveau des services de l’entreprise.
Au niveau du service communication :
- Améliorer et harmoniser les politiques de communication interne, externe, corporate et financière…
- favoriser la dynamique d’image sur les enjeux citoyens et éthique.
Au niveau du service RH « mission handicap »
- faciliter l’intégration des personnes handicapées dans l’entreprise par une meilleure diffusion de l’information soit auprès des salariées, soit face aux actionnaires et au public en général. (Ex : formation à distance par ordinateur, e-learning).
Au niveau du service Développement Durable
- renforcer l’engagement des entreprises dans leur programme de développement durable (en matière de responsabilité sociale, sociétale et environnementale).
Au niveau du Knowledge management
- valorise le capital immatériel de l’entreprise, fluidifie la transmission et le partage des connaissances
Au niveau du service Marketing & commercial
- Rendre accessible un site Web, c’est ouvrir son contenu et ses services en ligne à 3,2 millions de personnes handicapées, et 12 millions de personnes déclarant « au moins une incapacité » en France (Source : Insee).
- Les seniors, 9,5 millions en France et 127,4 millions en Europe sont également demandeurs de sites Web accessibles.
En vieillissant, les risques de développer un handicap se multiplient et parmi eux 85 % souffrent de problèmes auditifs et visuels (Sources : Ipsos, Datamonitor, Insee/Sesi). - Ils (les plus de 55 ans) seraient en France 2,6 millions à surfer sur le Net, contre 11,5 millions à l’échelle de l’Europe ; 79,2 % d’entre eux consultent des sites marchands. (Source : Observatoire FT R&D, mai 2004)
Quelques retours d’expérience sur l’accessibilité web
L’objectif de ces projets accessibilité web est de mettre en place une stratégie Internet plus responsable face à une population d’internautes de plus en plus consciente du non accès, par ailleurs cela s’inscrits dans une démarche qualité. Les enjeux du sujet émergent des collaborateurs de différentes entités : RH, DSI, communication, qualité, développement durable, banque en ligne.
La première étape a été de réaliser un benchmark des sites web déjà accessibles. Le bilan est sévère: recommandations très mal méconnues du W3C, multiplicité des solutions permettant de pallier les handicaps sur le Net, difficulté d’identifier des acteurs du secteur privé concernés par le sujet.
Pour une grande entreprise du secteur bancaire
BNP Paribas est l’un des premier groupe Français a avoir prit conscience de l’accessibilité web.
Depuis peu, le site recrutement : www.recrutement.bnpparibas.com/ est accessible au niveau 1 (A) du W3C, et sur certaines contraintes de niveau 2 (AA) et 3 (AAA).
L’accessibilité web est en cours sur l’ensemble des autres sites institutionnels du groupe (70 sites Web dans le monde), et un audit est en cours dans l’environnement « www.bnpparibas.net ».
Les objectifs de BNP Paribas ont été de plusieurs ordres :
- Augmentation de la satisfaction générale des internautes
- Meilleure convivialité (ergonomie, navigation)
- Meilleure visibilité (référencement optimisé grâce à la refonte des codes pages)
- Gains de productivité éditoriale (structuration des contenus) ».
Ce retour d’expérience encore récent, mais réussi, amène à souligner une idée centrale pour l’avancée rapide de l’accessibilité sur le Web. Celle-ci doit être l’affaire de tous, éditeur, contributeur, concepteur, et naturellement législateur.
Pour un acteur du e-commerce
Pour le site de Voyage SNCF, qui vient d’être refait il y a quelque mois, l’accessibilité web a été une priorité, en particulier pour les internautes malvoyants ou aveugles. Ce choix est hautement stratégique pour eux car un grand nombre de seniors, sujet à des problèmes visuels achètent des billets en ligne.
Le site de Voyage SNCF est très prisé des seniors pour l’achat de billet en ligne. La marque SNCF fait gage de sécurité, elle porte caution et rassure cette classe de population.
Pour une société spécialisé dans la création de logiciel
Chez Adobe, célèbre éditeur du « format PDF » l’objectif est d’améliorer l’accessibilité de leur fichier PDF. Sachant que le .pdf s’est imposé comme la 2ème extension de fichier utilisée dans le monde (après le .doc).
Afin de progresser, l’accessibilité web nécessite un effort commun entre les éditeurs de logiciel et les créateurs de sites – accessibilité PDF.
Les clefs d’un document accessible sont sa structure (chapitres, colonnes…), son contenu (texte), et ses informations complémentaires (tableaux, graphiques, logos…). Dans une démarche d’accessibilité, l’homogénéisation des échanges de données d’une entreprise peut s’effectuer via un document intelligent via le langage XML. Le langage XML permet de codifier et de structurer l’information d’un PDF afin qu’il puisse être vocalité par les synthèses vocales qu’utilisent les personnes non-voyantes accessibilité PDF.
Aujourd’hui certaines sociétés ayant des publications PDF en ligne (rapport annuel…) peuvent les rendre accessibles pour les personnes non-voyantes. La société Ipedis ou je travail réalise ce type de prestations (accessibilité PDF).
Cette étude, accomplie durant mon expérience professionnelle chez Ipedis (société de conseil en accessibilité web), m’a permis d’une part de renforcer notre politique de communication au niveau de nos partenariats (associations, lobbyistes, état, commission européenne) et d’autre part par le fait qu’Ipedis a été mandaté en tant expert par la commission européenne et l’état français sur ces questions.
L’objectif de cette recherche a été de démontrer comment l’accessibilité web pouvait cohabiter dans notre société entre impératifs sociaux et économiques, il en est apparu que ces notions ne sont pas toujours à opposer.
Cela a nécessité de traiter ce domaine de façon pragmatique, en se focalisant sur l’accessibilité du web et sa dimension humaine vis-à-vis des politiques générales de notre société puis de faire le lien entre les pratiques de différents acteurs impliqués dans cet environnement pour n’écarter aucun point possible de cette convergence.
Cette approche a permis de ne pas se tenir au degré du débat classique consistant à évoquer que les enjeux sociaux.
Grâce à l’engouement porté sur les questions sociales et environnementales à l’heure d’aujourd’hui (développement durable, responsabilité sociale des entreprises, image de marque, l’évolution de l’accessibilité web et son intérêt s’en trouve facilité. Certes les grandes entreprises en tire de nombreux avantages qualitatifs importants mais l’accessibilité aux nouvelles technologies de l’information recèlent de nombreux avantage (sociaux, économique) pour les nations d’aujourd’hui.
Le retard majeur du Web francophone et européen en matière d’accessibilité web fait l’objet de débat important sur quelle voie à adopter pour rattraper des pays quelques le Canada ou les Etats-Unis. Ce retard, découle notamment d’un manque d’information, de sensibilisation et d’engagement de leadership au niveau politique qui crée des barrières importantes à la participation sociale des personnes handicapées. Le niveau d’accessibilité web particulièrement désolant pour la grande majorité des sites Web français a de nombreuses répercussions sur la contribution et la participation sociale et économique des personnes souffrant handicaps ainsi que des personnes vieillissantes.
Dans une France où les technologies deviennent rapidement le mécanisme privilégié de communication et d’interaction dans tout les secteurs, les conséquences de l’état d’art du Web français en matière d’accessibilité web très faible et ne peuvent être sous-estimées. De plus, alors que les technologies de l’information présentent, en tant qu’outils d’adaptation de l’information et de service un potentiel considérable, beaucoup de situations d’ handicap existent et, sans une prise de conscience, les interventions visant à réduire le fossé numérique laisseront de côté tout un pan de la société.
J’ai beaucoup insisté sur l’importance de l’accessibilité Web et la nécessité de respecter les normes et les recommandations internationales. Elles ont notamment été adoptées par de nombreux organismes publics et privés dans plusieurs pays.
Des formations accessibilité web visant à former de manière adéquate non seulement les concepteurs de sites web mais aussi les commanditaires de ces sites et les dirigeants sont essentielles pour que la culture de l’accessibilité ne soit plus considérée comme simplement accessoire, mais comme un autre élément fondamental du processus de conception et de développement d’un site web plus accessible en tant que valeur ajoutée.
Mes recommandations pour l’accessibilité web
Une harmonisation des normes d’accessibilité entre les pays est nécessaire afin de rendre plus efficace et plus claire les politiques d’accessibilité car les outils de création Internet sont Internationaux et nous ne pouvons pas adapter les applications web à chaque pays.
L’application des recommandations internationales (WCAG) devrait être la seule référence en Europe pour l’accessibilité Internet. Elles doivent être accompagnées d’une méthodologie d’application commune laquelle doit être en phase avec les niveaux de priorité des WCAG ainsi qu’avec la prise en compte des nouvelles technologies.
Dans beaucoup de pays, des organismes de labellisation privés ont adapté les recommandations internationales pour établir leur propre critère de sélection afin de décerner des labels payants. Cela nuit au développement de l’accessibilité Internet car certains tarifs sont élevés et leur mode d’attribution reste assez flou.
Comme aux Etats-Unis, je pense qu’un organisme créant ou améliorant son site pourrait auto-évaluer son accessibilité Internet. Si le dit site est accessible et conforme aux normes internationales, l’entreprise pourrait apposer dessus une mention « accessible Internet » de sa propre initiative sans passer par des organismes payants.
Si l’organisme s’engage dans l’accessibilité Internet de son site, elle pourra apposer un label gratuit type W3C, un label européen « e-accessibility » permettant de certifier la conformité du site au regard des normes internationales WCAG
La mise en place d’un canal de plainte européen serait justifiée afin de contrôler les abus. (Possibilité de sanction si non respect de la charte du label).
L’Europe doit aussi s’intéresser au sujet de l’accessibilité web afin que nous ne restions pas parmi les derniers à ne pas avoir pris en compte ce problème. Quelques recommandations ont déjà posé les bases de cette problématique, mais, pendant ce temps, d’autres pays ont déjà légiférés et mis en application un certain nombre de mesures concrètes.
De plus, nous remarquons qu’entre pays, les lois sur l’accessibilité web suivent des voix différentes. En Angleterre et aux Etats-Unis, les secteurs privé et public ont une obligation de rendre accessible leur site web, mais les contraintes (recommandations) d’accessibilités sont moins contraignantes et plus souple quand France par exemple. Cela permet à beaucoup d’entreprise d’entreprendre l’accessible Internet leur site.
L’accessibilité numérique (accessibilité web) n’a plus aucune raison d’être réservée au seul secteur public. Les entreprises peuvent en tirer de nombreux bénéfices. Beaucoup d’entre elles sont engagées dans des programmes de développement durable (en matière de responsabilité sociale, sociétale et environnementale). L’accessibilité numérique (accessibilité web) doit naturellement prendre place dans ces programmes.
Les politiques d’accessibilité doivent se faire à la fois au niveau européen et international car le web ne connaît pas de frontières. Harmoniser nos lois et trouver un objectif commun en terme d’accessibilité reste la priorité pour l’Europe.
Pour mieux développer l’accessibilité Internet, l’obligation d’accessibilité des sites privés et publics est nécessaire en France et en Europe.
Un Internet accessible et un web accessible devrait faciliter l’accès des personnes handicapées à des services de la vie quotidienne jusque là encore peu accessibles (consultation de leur compte bancaire en ligne, achet via les plateformes e-commerce…), et au monde de l’information et des médias.
Afin de sensibiliser les entreprises face au défis de l’accessibilité Internet, je pense que l’obligation accessibilité des publications d’entreprises en ligne (rapport annuel, rapport financier, rapport développement durable, RSE…) pour les non-voyants serait une avancé majeur dans le droit à l’information pour tous accessibilité PDF.
De plus, il me semble judicieux de rendre obligatoire l’inscription de accessibilité web dans chaque appel d’offres que passe les entreprises pour la création ou la refonte de leur site également pour l’accessibilité PDF.
Pour aller plus loin
L’accessibilité web reste à un stade embryonnaire aujourd’hui, le changement des mentalisés reste le plus grand défit pour l’avenir toutefois la prise de conscience des pouvoirs publics et des multiples acteurs favorise importante de son développement et de son évolution. J’espère que mon jugement sur l’état d’art de l’accessibilité et mes solutions seront utiles dans un futur proche.
Malgré qu’international, l’accessibilité web reste la priorité des pays développés. Le manque d’intérêt des pays en développement ou des pays sous développés peut s’expliquer malgré un grand nombre de personnes souffrant d’handicap ou de seniors.
Pourtant l’accessibilité Internet leur permettrait devenir plus performant, plus compétitif économiquement face à l’économie des nouvelles technologies de demain.
De fait, une autre étude portant sur ce sujet pourrait être mené. Des pistes de développement et des mesures spécifiques envisagées dans le cadre de l’ONU, de la banque mondiale et des instances supranationales pourrait être trouvées.
Les recommandations WCAG, accessibilité web
Priorités de niveau A
- WCAG 1.1. Fournir un texte équivalent pour des éléments non-texte
- WCAG 14.1 Employer le langage le plus clair et le plus simple possible.
- WCAG 2.1 S’assurer l’information portée par la couleur est également disponible sans la couleur.
- WCAG 4.1 Identifiez les changements de langues dans le langage naturel.
Priorités de niveau AA
- WCAG 12.3 Divisez les grands blocs d’information en groupes maniables.
- WCAG 12.4 Associer explicitement les étiquettes avec leurs contrôles.
- WCAG 11.1 Utiliser les technologies décrites par le W3C.
- WCAG 11.2 Eviter les balises dépréciées des DTD décrites par le W3C.
- WCAG 13.2 Doter de metadata les pages et les sites.
- WCAG 13.3 Donner une information sur la maquette générale du site.
- WCAG 13.4 Fournir des mécanismes de navigation constants.
- WCAG 3.1 Utiliser des balises plutôt que des images pour porter l’information.
- WCAG 3.2 Valider les DTD publiées.
- WCAG 3.3 Utiliser les feuilles de style.
- WCAG 3.4 Utiliser des unités relatives.
- WCAG 3.5 Structurer le texte.
- WCAG 2.2 Images : vérifier que le contraste avant-plan/arrière-plan est suffisant.
- WCAG 3.6 Utiliser à bon escient les balises de liste.
- WCAG 3.7 Utiliser à bon escient les balises de citation.
Priorités de niveau AAA
- WCAG 10.5 Introduire un caractère imprimable entre des liens contigus.
- WCAG 11.3 Indiquer des informations metadata (e.g., langue, type de contenu, etc.)
- WCAG 10.3 Fournir un texte alternatif linearisé aux tableaux présentant du texte en parallele, des colonnes de type « journal »
- WCAG 10.4 Mise en page à base de divisions.
- WCAG 13.5 Introduire des barres de navigation.
- WCAG 13.6 Grouper, identifier les liens et fournir un moyen de sauter des liens regroupés.
- WCAG 13.8 Indiquer une information au début des titres, paragraphes, listes, etc.
- WCAG 13.9 Donner une information sur les collections de document (i.e., documents multi-pages.).
- WCAG 14.3 Charte graphique cohérente.
- WCAG 2.2 Text:vérifier que le contraste avant-plan/arrière-plan est suffisant.

